3 commentaires

« Ma plus belle histoire, c’est vous »

Je viens de finir de lire le dernier livre de Ségolène Royal (Ma plus belle histoire, c’est vous). Dans l’ensemble, un bon livre. Certes beaucoup de choses que je connaissais déjà, mais également des détails que j’ignorais (ou dont je ne me souvenais plus) et des éclaircissements sur certains points.

Je vais donc vous faire part de ce que je retiendrai de ce livre et au final de cette campagne. Pour celà, trois parties : du côté du Parti Socialiste, du côté du principal adversaire politique, du côté de Ségolène Royal.

Du côté du Parti Socialiste

Avant d’aller plus loin, je tiens à prévenir les lecteurs que ce billet sera plutôt favorable à Ségolène Royal. Assez vite dans le livre, elle pose la question de savoir si l’élection était gagnable. Et là, je pense à ce que m’avais dit ma soeur et qui pourrai se résumer de cette façon : « Si la gauche est unie, elle gagnera… sinon… ». Et que nous dit Ségolène Royal dans son livre ?

« On aurait pu la gagner […] Avec une cohésion et une unité plus fortes. Avec un soutien sans faille de la candidate »

Bien sûr, ce n’est pas la seule raison de la défaite. Il y a aussi les relais médiatiques et sondagiers globalement à la botte de Nicolas Sarkozy.

Parmi les choses que je ne savais pas (ou que j’ai complétement oublié car là-dessus j’ai un doute), il y a l’histoire avec Michel Rocard… Puisque 48 heures avant le dépôt des candidatures au conseil constitutionnel, il est venu demander à Ségolène Royal de se retirer de la course en sa faveur :

« Oui, tu n’y arriveras pas. Je suis le meilleur candidat. Il faut que tu te désistes en ma faveur »

Je passe maintenant à ce dimanche 26 novembre 2006… Le jour de l’investiture de la candidate socialiste à la Mutualité. Sur cette investiture, j’ai appris grâce à ce livre que le Parti Socialiste avait refusé à en faire un rassemblement populaire. Et pourtant, nous aurions eu là des personnes « heureuses » d’être là, comparé à des ténors du Parti Socialiste comme Dominique Strauss-Khan (qui lève parfois les yeux au ciel) ou encore Laurent Fabius (qui lui regarde sa montre). En terme de rassemblements populaires, il faut également savoir que le Parti Socialiste a refusé l’organisation d’un meeting le jour de l’investiture de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal aura quand même réussi à imposer le meeting-concert de Charlety le 1er mai 2007.

Je pourrai parler longtemps du manque de soutien de la candidate à l’intérieur de son propre camp. Mais ça prendrai bien trop de temps…. Alors je vais juste parler de Dominique Strauss-Khan à qui Ségolène Royal avait demandé de participer à une émission le Grand Jury – RTL. Une participation qui aurait dû servir la candidate. Et bien DSK se sera permis de critiquer la méthodes de démocratie participative et la méthode diplomatique de Ségolène Royal.

A l’avenir, si débat interne il doit à nouveau avoir, j’espère que la même erreur ne sera pas faite…. Il faudra penser à désigner la personne candidate bien plus tôt pour, dans la foulée, enchaîner sur un projet socialiste avec le/la candidate et le parti (comprendre par là l’ensemble des militants)… et une période (peut-être moins longue que dans cette campagne) de débats participatifs (à condition de ne pas en faire du « tout et n’importe quoi »).

Du côté du principal adversaire politique

Au Parti Socialiste, un débat interne trop tardif qui aura été bien utilé à Nicolas Sarkozy puisqu’il lui aura suffit de reprendre à son compte bon nombres des attaques et coups bas de ses « adversaires » lors du débat interne. C’est d’ailleurs lui-même qui confiait à des journalistes : « Ségolène a tout pour me battre et les éléphants la flingue« . Bref, du côté de l’adversaire…. D’abord, une véritable machine de guerre (un parti entier derrière lui) et d’importants relais médiatiques à sa botte. Vous aurez pu remarquer que toutes les bourdes (héritation à la place d’héritage) et les propos infames (les déclarations sur la génétique) de Nicolas Sarkozy pratiquement passées sous silence.

« Que n’aurait-on dit si j’avais évoqué la repentance en expliquant que le France n’a pas à se repentir, parce qu’elle n’a pas la Soah sur la conscience, contrairement à l’Allemagne ? »

Pire encore, les sondages passés à la trappe (un sondage jamais publié en septembre 2006 – donc avant l’investiture interne – où 54 % des sondés faisaient confiance à Ségolène Royal sur les questions économiques), les sondages « sur-mesure »… Je pense là à la suite du débat de l’entre deux tours… Où Nicolas Sarkozy faisait la grise mine en sortant du studio. Pourtant quelques heures après, il était jugé le plus convaincant… Tout ceci grâce à OpinionWay (des sondages par Internet… où les sondés sont fidélisés par une rétribution…).

A titre d’information, les sondages (pour cette élection) ont été au nombre de 300, contre 193 pour la présidentielle de 2002. Tant de temps d’écoute ou de lecture qui aurait été tellement mieux utilisé à analyser et commenter les propositions des candidats.

Du côte de Ségolène Royal

Avant toute chose, à noter que jamais on aura « chercher autant de poux » à un candidat socialiste malheureux à l’élection présidentielle.

Une candidate à qui il aurait manquer à peu près tout : présidentiabilité, crédibilité, ligne politique, sens de l’organisation, de la décision et du collectif…. Rien que ça !! Pour ma part, je ne le pense pas !

Ségolène Royal le reconnait. La campagne était « baroque », l’organisation de « bric et de broc » et une division regnait autour d’elle. Mais comme elle le fait remarquer, elle a dû composer avec ce dont elle avait.

« Oui, le manque de travail et de réflexion collective du parti sur tous les grands sujets économiques ou internationaux a freiné l’élan de la primaire. Que pense le PS des retraites, des impôts, de la retribution du capital, du Proche-Orient, de l’Asie, des rapports Nord-Sud, de l’immigration et du nucléaire ? Qui peut le dire avec précision ? Personne ! Oui, neuf mois ne suffisaient pas pour répondre à toutes ces questions. Oui, l’agenda mal géré a littéralement épuisé, décalé, la candidate qui a rapidement perdu le tempo, là où elle avait su maîtriser le temps au cours de la primaire. Oui, son extrème solitude morale, personnelle, et le jeu cruel des entourages respectifs à créé de l’angoisse, de l’incertitude, dans cet accélérateur de particules qu’est une présidentielle, et où chaque mot, chaque expression de visage, chaque déclaration est immédiatement passé au scanner médiatique »

Au aura aussi souvent reproché à Ségolène Royal son refus de débattre. A ce sujet, saviez vous ce qu’elle aurait voulu entre les deux tours ?

J’aurai pour ma part, voulu non pas un mais trois débats avec lui car ils auraient permis d’aller au fond des choses devant les Français. Cela n’aurait peut être pas suffi à notre victoire car l’union sans faille était davantage dans son camp que dans le mien et François Bayrou, n’avait au final, pas osé saisir la main que je lui tendais. […] Ce match en trois rounds, Nicolas Sarkozy n’en voulait pas. Peut-être le redoutait-il. Je regrette qu’il n’ait pas été possibile mais on ne refait pas l’histoire.

On aura aussi beaucoup reproché à Ségolène Royal son absence du collectif, d’agir avec le Parti Socialiste. Sur l’absence de soutien réel et entousiaste du PS, elle le reconnait, elle a sans doute manqué de poigne ! Elle aurait dû ruer dans les brancards, s’organiser, les commander, ne pas attendre. Mais une candidate désignée par les militants est en droit d’attendre un soutien net et un parti en ordre de marche au sommet sans avoir à le quémander tous les jours.

La plus grosse erreur ?? Peut-être la durée des débats participatifs. Car pendant qu’on consultait les citoyens, et avant de dévoiler le pacte présidentiel, Nicolas Sarkozy (depuis son investiture le 14 janvier 2007) s’envolait dans sa campagne !

Voilà pour le résumé de ce livre et ma dernière analyse de la campagne… A l’avenir il faudra éviter de refaire les mêmes erreurs. Il faudra partir sans divisions internes, il faudra s’y prendre plus tôt.

Et pour finir, une des choses qui m’avait plût dans la méthode de Ségolène Royal c’était la proposition de « jury citoyen »… Je vous accorde qu’il y a beaucoup à discuter sur le nom exact et sur leur rôle et composition… Je vous met ici un extrait du livre…

Que de bruit et de fureur pour que surtout rien ne bouge et que les citoyens ne se mêlent pas de trop près de ce qui les concerne ! Qu’ils votent et, pour le reste, qu’ils laissent faire ceux qui savent ! Désolée : je persiste et je signe. Je crois moi, que les citoyens ont leur mot à dire entre les srcutins. Je crois qu’ils peuvent aider utilement à corriger le tir des politiques publiques qui n’atteignent pas ou mal leurs objectifs initiaux. Je crois que leur participation n’est pas l’ennemie de la démocratie représentative mais qu’ils aident au contraire les élus à mieux exercer le mandat que le peuple leur confie.

Cyril [R2E]

3 commentaires

  1. Pour moi le principal probleme était dans la clarté des propositions et des positions de la candidate.Les idées était sûrement présente mais non défendues et/ou assumer.
    Les querelles internes existerons sans doute pendant longtemps,mais si elles ont été aussi forte ,peut etre est-ce le fait d’une désignation de la candidate contestable:les millitants a 20 euros,qui adhere sur le net sans jamais avoir fait une action ou meme une réunion…?cela ne justifie cependant pas leur attitude je le conçois!
    je finirais par le jury citoyen qui ,pour moi, non absolument aucune légitimité:comment défendre un système démocratique si on le contrôle par des citoyens qui non aucune expérience dans les domaines étudiés?Les maires,les députés,les sénateurs ne sont ils pas censer exercer correctement leur métiers?.Si ce n’est pas le cas le citoyen est libre de voter,de défendre ces idées dans un parti ou une équipe municipal.Un jury citoyen ne serais en fait qu’une remise en cause pur et simple du système démocratique.certes les faits des élus peuvent être contestables mais des instances compétente et des représentants élu par le peuple doivent se charger de cela.Le citoyen ne doit pas être charger de contrôler la démocratie mais d’y participer,de proposer et d’agir!

  2. @ baba : D’abord ravi de te lire ici !!

    C’est certain que sur certains points, tout cela manquait parfois de clarté.

    Pour les adhérents à 20 €, on pourrait en faire un billet spécifique je crois. Enfin, il ne faut pas non plus tout généraliser… Je suis un adhérent à 20 € (enfin de toute façon, j’aurai adhéré même sans cette opération… c’est juste que c’est tombé au « bon moment »). Et n’oublions pas que les nouveaux adhérents qui ne s’étaient pas présentées en section ne pouvaient pas participer au vote de désignation. J’en sais quelque chose… Je n’ai pas pû prendre part au vote alors que j’avais déjà participé à deux réunions de section (+ la réunion de présentation des 3 candidats socialistes)… Bref, un oubli de je ne sais qui ;-). Et je tiens juste à préciser que je ne suis pas venu au Parti Socialiste pour Ségolène Royal… A cette époque, je ne pensais pas voter pour elle pour l’investiture socialiste à la Présidence de la République… Je la voyais plus dans le rôle du premier ministre.

    Et pour ce qui est des jurys citoyens, je les perçois simplement comme un « bonus » à la représentativité démocratique… Enfin , je ne m’étends pas plus sur ce point car c’est un vaste sujet… Et je l’ai dit le nom, sa composition et son rôle doivent être affinés.

    Et pour finir, comme c’est la mode en ce moment : Bon Noël !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.