Si la gauche veut des idées #1

Si la gauche veut des idées #1

Je viens de finir de lire le dernier livre de Ségolène Royal, « Si la gauche veut des idées ». Ce livre de quelques 320 pages est le produit de rencontres entre Alain Touraine (sociologue) et Ségolène Royal (Présidente de la région Poitou-Charente et candidate socialiste à la présidentielle de 2007 avec 17 millions de voix sur son nom au second tour).

Suite à ce bouquin, que personne ne vienne me dire que Ségolène Royal n’a pas d’idées. Et pour celles et ceux qui le pensent, prenez la peine de vous intéresser à ce qu’elle dit plutôt que de vous dire « Non, c’est Royal qui l’a écrit donc c’est mauvais ». Donc je disais qu’elle a des idées (je le savais déjà !). Mais – et c’est sans doute ça le plus important – il s’agit d’idées cohérentes entre elles, qui font qu’au final on arrive à un ensemble où tout se tient.

Je vais essayer de survoler un peu tout le livre… Pour celà, je vais procéder rencontre par rencontre…

Donner à la politique économique sa puissance sociale et écologique

En toute logique, on commence avec la première rencontre où Alain Touraine évoque la fin de la vision économique de la société. Face à celà, Ségolène Royal propose de donner à la politique économique sa puissance sociale et écologique. Pour SR, la logique financière n’a jamais été aussi cynique, le tout accentué à cause d’une mauvaise qualité des relations du travail. Ségolène Royal propose donc de trouver des contres pouvoirs à l’économie… Ainsi, la croissance doit s’appuyer sur 3 piliers d’égales valeurs : la valeur économique, la valeur sociale et l’édifice environnemental.

Sur le dernier pilier, histoire d’empécher la délocalisation des entreprises les plus polluantes dans des pays émergents, elle propose également la création d’une organisation mondiale de l’environnement permettant ainsi l’application des mêmes régles à tous les pays.

Au niveau de la valeur sociale, l’objectif premier est la nécessité d’une sécurité professionnelle et financière… Pour celà, plusieurs propositions… indemnisation chomâge accompagnée de formation, investissement humain, soutien à la création d’activité (j’avais déjà évoqué les bourses tremplins mise en place en Poitou Charente qui ont permis de créer plus de 5000 entreprises en 4 ans et de recruter 3500 salariés dans ces entreprises), … Toujours sur le social, Ségolène Royal appel à un Etat préventif dans un premier temps. La lutte des inégalités doit se faire à la racine. Il faut donc investir prioritairement avant plutôt qu’après. Et les exemples pour illustrer et motiver cette conception ne manquent pas… Dans les entreprises avec un effort sur la formation des salariés, des investissements en recherche, en conditionnant les aides (non pas à l’ouverture de négociations salariales mais à la conclusion d’accords entre patronat et syndicats sur les salaires et les conditions de travail). Un état préventif sur l’éducation, et ce dès la petite enfance… Puis de façon personnalisée avec le soutien scolaire. C’est un investissement considérable (moyens humains et financiers) mais indispensable. Et comme je vous disais que tout se tient, cet effort contribuera – par exemple – à faire baisser la violence… Pour en terminer sur l’Etat préventif :

Un euro dépensé dans la petite enfance vaut dix fois plus qu’un euro dépensé à la fin de l’adolescence

Un Etat préventif ne solutionne pas tout. C’est pourquoi, il faut ensuite un Etat accompagnateur. Et notamment accompagnateur dans la situation de chômage.

Aujourd’hui on aide les chômeurs à subvenir à leurs besoins sans véritbalement les aider à chercher un emploi. […]. Que les chômeurs deviennent pleinement des chercheurs d’emploi et que le service public les aide à se mettre en situation de recherche d’emploi, c’est évidemment l’essentiel.

Deuxième rencontre

Dans la deuxième rencontre, Alain Touraine évoque le vivre ensemble… En étant égaux et pourtant différents. Pour Ségolène Royal, l’important c’est de savoir où nous voulons aller ensemble. Pour celà, elle part du monde pour en venir à la nation.

La bonne mondialisation, c’est celle qui introduira dans les régles de l’OMC le respect des normes sociales et environnementales, celle qui réformera le FMI et la banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, celle qui mettra en place une taxe sur les flux financiers, […]

Il est également important de savoir où aller ensemble en terme d’environnement. Nous vivons à l’heure actuelle la sixième extinction majeure des espèces, la plus importante depuis la disparition des dinosaures, il ya 65 millions d’années. Si un effot considérable avait été fait sur l’après-pétrole il y a maintenant 15 ans, la France serait aujourd’hui à la pointe des technologies propres et donc un pays en très forte croissance (quand je vous disais que tout se tient !). Le temps presse au sujet de l’écologie. Ségolène Royal nous mentionne une abération. Lorsque sa région a voulu construire une usine de biocarbutants, il a fallu attendre 3 ans l’autorisation de l’Etat central !

De cette rencontre, on pourrait encore parler de la France métissée, de l’immigration… Au lieu de ça, je préfère vous parler de ce qu’elle dit sur le travail et les 35 heures… Histoire de mettre les choses au point :

Le loisir n’est pas l’ennemi du labeur, il en est même la condition (puisqu’il faut bien reconstituer sa force de travail
La droite aujourd’hui veut faire expirer les 35 heures comme celle d’avant hier voulait faire expirer aux Français les conquêtes du Front Populaire. Je ne crois pas que la réduction du temps de travail ait infusé dans les veines du pays le poison de la paresse. Ceux qui le prétendent ne savent pas comment vivent les gens.

Troisième rencontre – Pour un nouveau pacte éducatif

La troisième rencontre portait sur l’éducation. Je vais sans doute passer cette rencontre assez vite car j’ai déjà abordé certains élèments (soutien scolaire, état préventif dès la petite enfance, …). Mais avant quelques chiffres rappelés par Ségolène Royal :

17 % des jeunes quittent l’enseignement sans avoir ni CAP, ni BEP, ni Bac,
41 % des étudiants interrompent leurs études sans diplômes,
Seuls 52 % des enfants d’ouvriers obtiennent leur Bac (contre 85 % des enfants de cadres supérieures),
La part des enfants d’origine modetes au sein des grandes écoles a chuté de 30 % dans les années 50 à 7 % aujourd »hui,
Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans n’est jamais descendu au-dessous des 15 % depuis 1980

Face à ces chiffres, il est donc primordial de se fixer un nouveau pacte éducatif. Et qui dit éducation n’inclut pas uniquement le système scolaire.

[…] Une politique ambitieuse de correction des inégalités scolaires en amont de l’école, dès l’âge préscolaire, et en dehors de l’école, dans ce qui relève du domaine de l’extrascolaire. Il faut lier scolaire, politique familiale et politique sociale, politique culturelle aussi et même surtout.

J’ajouterai également une politique associative et sportive. Les associations (qu’elles soient culturelles ou sportives) jouent également – et doivent jouer – un rôle éducatif.

Pour terminer sur ce sujet qu’est l’éducation, et comme le rappele Ségolène Royal, il faut mettre les personnes au coeur de l’école afin de réaffirmer que toute relation pédagioque est avant tout une relation humaine.

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