Si la gauche veut des idées #2

Si la gauche veut des idées #2

Pendant que Dagrouik explique brillamment pourquoi il soutient encore Ségolène Royal, je m’attaque aujourd’hui à mon analyse (modeste) de la deuxième partie du livre de Ségolène Royal et Alain Touraine (Si la gauche veut des idées, aux éditions Grasset). Vous trouverez ici la première partie (les trois premières rencontres).

Quatrième rencontre : Quatre révolutions démocratiques

Alors que l’on connait les conséquences de l’adoption de la réforme de nos institutions suite à la révision constitutionnelle de juillet 2008, Ségolène Royal propose 4 révolutions démocratiques pour sortir de la confusion entre l’État et la société dont fait état Alain Touraine. Sur ce point, je vais être assez bref car nous connaissons tous son avis sur cette question institutionnelle… Il s’agit là de son attachement à un État efficace, accompagnateur, économe et garant de l’égalité territoriale. Ségolène Royal est donc partisane d’un pouvoir exécutif capable de décider vite et bien, le tout appuyé et éclairé par un parlement qui fonctionne bien, un dialogue social performant, une participation des citoyens digne de ce nom et une décentralisation qui favorise l’intelligence des territoires. Une modernisation puissante dont le pays a besoin. C’est ce que Ségolène Royal annonçait Porte de Versailles le 18 mars 2007… La création d’une sixième République. Et c’est ce qu’elle continue à proposer (pages 204 à 209).

Cinquième rencontre : Le monde bouge, la gauche doit bouger

On a ici un chapitre très intéressant. D’abord une analyse intéressante des clivages politiques dans la France d’aujourd’hui. Nous n’avons plus de grille de lecture qui permette de tracer des frontières nettes entre des catégories. Ces frontières sont multiples, fluctuantes et leur lecture est complexe. Nous avons donc deux clivages importants… Un clivage démographique (d’un côté les moins de 35 ans qui subissent la précarisation de l’emploi, à l’autre bout les plus de 60 ans qui ont connus les 30 glorieuses et qui ont été élevés dans une France encore « traditionnelle ».. Et au milieu les 35-55 ans) accentué par un clivage de revenus (les inégalités de revenu se sont donc fortement accrues entre les plus pauvres et les plus riches, tandis que, entre les deux, pour tous ceux qui ne sont ni riches ni pauvres, les possibilités de progression professionnelle et salariale ont considérablement diminué).

Chapitre également intéressant concernant le projet pour les retraites. (système inspiré de la réforme suédoise où chaque cotisant dispose d’un compte individuel), la formation pour des salariés compétitifs et protégés (les entreprises ont besoin de salariés productifs, bien formés, stables, qui ont confiance en eux et qui sont en mesure de s’investir sereinement dans leur travail), la redistribution et le partage des richesses (nous valorisons le partage et la création de richesses, mais ne nous renoncerons pas à taxer le capital et les profits). Sur ce dernier point qu’est la fiscalité, Ségolène Royal est partisane d’une véritable fiscalité de gauche, c’est à dire une fiscalité directe et progressive plutôt qu’une fiscalité indirecte et proportionnelle le tout en rééquilibrant le partage entre la fiscalité du travail et celle sur le capital.

Les valeurs de redistribution portées historiquement par la gauche sont toujours les nôtres. Mais les outils doivent être profondément revus et actualisé, c’est la modernisation du dialogue social qui permettra de sortir des blocages et des refus de changement. La réforme de l’État et des services publics ne peut être réussie que par ceux qui les respectent.

Sixième rencontre : Le Parti Socialiste, un parti d’avenir

Je ne vais pas m’étendre sur cette rencontre… J’en ai déjà parlé, c’est ce qui fait que Ségolène Royal souhaite mettre les militants au cœur du parti socialiste en les consultant, en les respectant, … Bref, pour faire du PS, un véritable parti d’avenir, c’est aujourd’hui 3 obligations :

  1. Ouvrir le PS à de nouveaux militants et des nouvelles formes de militantisme,
  2. Définir les lignes de force d’un projet socialiste pour les 4 prochaines année,
  3. Rassembler les militants et les cadres dans un parti uni, propice au travail collectif et la préparation de victoires électorales nationales

Septième rencontre : Le socialisme est capable d’être une idée neuve

« Si être socialiste, c’est d’abord et avant tout vouloir la justice, combattre les inégalités de toutes sortes, alors il n’y a peut-être jamais eu autant de raisons d’être socialiste qu’aujourd’hui »

Donc oui, le socialiste est capable d’être une idée neuve à condition de dépasse certains clivages, en respectant les militants, en regardant les réalités avec courage et sans concessions face à celles ci. C’est dépasser des face à face stériles tels que protéger les locataires ou sécuriser les propriétaires ? prévenir ou réprimer les violences ? des entreprises réactives ou des salariés sécurisés ?, … ou il ne fait rien occulter !

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Voilà pour cette analyse /résumé du livre de Ségolène Royal et d’Alain Touraine. Pour terminer, je vous laisse avec la conclusion de Ségolène Royal de la 6ème rencontre :

L’ambition du PS c’est de proposer un avenir prometteur, de refuser la fatalité, de considérer que des choix sont toujours possibles, et d’en convaincre les citoyens, réussissant, par un rapport de forces, à mettre l’économie au service de l’homme, travaillant sans relâche à comprendre la société pour la rendre plus humaine, en conjuguant l’individuel et l’intérêt général. En un mot, incarner l’espoir de changement.

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