Nous passons parfois à côté de bonnes séries (encore plus avec la multiplication des plateformes). Lors d’une discussion dans un groupe consacré au cinéma, on m’a conseillé de découvrir cette série française : « Les papillons noirs » réalisé par Olivier Abbou avec Nicolas Duvauchelle et Niels Arestrup. Le synopsis me plaisait, et comme j’apprécie Nicolas Duvauchelle, j’ai décidé de la regarder.
Synopsis
Auteur tardif d’un premier roman à succès, Adrien Winckler (40 ans) est dos au mur. Il peine à accoucher d’un second opus. Il accepte de rédiger les mémoires d’Albert qui se révèle être un ancien tueur en série prêt à lui raconter les crimes qu’il a commis.
Mon avis
Un conseil d’importance : il convient vraiment de ne rien faire d’autre pendant le visionnage et d’être concentré à 100 % pour naviguer entre les différentes époques (et parfois pour naviguer entre plusieurs temporalités sur l’époque récente) et pour percevoir certains détails.
Pour les âmes (un peu) sensibles, il faut savoir que la série regorge de scènes de crimes et de scènes de sexe.
Même si j’ai trouvé le premier épisode un peu lent (j’avais été prévenu) et pas évident à suivre avec les liens entre les différents personnages pas toujours évidents à comprendre, j’ai décidé de continuer. La fin de l’épisode 2 donne envie de voir la suite à la chaîne !
L’ambiance de la série se situe à différentes époques : actuellement pour ce qui relève des échanges entre Adrien et Albert et des années en arrière pour les souvenirs d’Albert. La photographie de cette époque est particulièrement réussie : lumineuse et solaire ; en opposition au présent avec une photographie plus sombre, froide et étouffante. Et ces couleurs chaudes de l’époque (essentiellement pendant l’été), viennent en contraste avec la violence présente. Elle devient en quelque sorte un langage intime pour Solange et Adrien qui partagent des traumatismes d’enfance. Des traumatismes qu’on retrouve aussi chez Adrien avec une scène – ses souvenirs – qui revient à plusieurs reprises sous différents angles.
Comme je le disais plus haut, une fois que nous sommes bien dans l’histoire, nous n’avons qu’une seule envie : découvrir la suite pour comprendre toute cette intrigue et relier tous les éléments dont nous avons connaissance ainsi que les petits détails que nous repérons.
Bonne surprise de cette série avec un rôle pour Alice Belaïdi (que j’aime beaucoup). Elle interprète Nora, la compagne d’Adrien. En opposition au côté dépressif, instable et torturé par son passé d’Adrien, elle vient incarner la rigueur, la stabilité et l’équilibre tout en essayant d’extirper Adrien de sa noirceur.
Du côté de la BO
La musique signée par Clément Tery est présente dans cette série sombre. Entre quelques mélodies de boîtes à musique (pour rappeler l’enfance), on alterne entre musiques d’époques et titres plus solaires, festifs et disco sur des scènes où le couple commet des atrocités et qui viennent renforcer le malaise. Je pense ici à Gloria de Umberto Tozzi !
Bref ! « Les papillons noirs » est une série à découvrir absolument ! Elle est disponible sur Arte et en DVD (et glissée directement dans ma liste d’achats). Je prendrai un malin plaisir à la revoir avec un œil neuf. Ce second visionnage sera l’occasion parfaite pour analyser la mise en scène et traquer les indices subtils dissimulés au fil des épisodes et que j’ai pu rater la première fois.
Place maintenant à la bande-annonce (pour j’espère vous donner envie à mon tour), suivie par quelques révélations majeures ! Attention spoilers garantis : ne lisez pas la suite si vous n’avez pas terminé la série !
Attention spoilers !
Le twist final et la tragédie familiale qui va en découler est déroutant ! Assez vite j’ai essayé de savoir qui tirait vraiment les ficelles. Parce qu’au final, les mémoires d’Albert (du moins sa version) sont en réalité l’histoire d’Adrien ; sa propre mère étant la véritable main armée de tous ces crimes. Albert n’a jamais été le grand monstre froid qu’il prétend être. Et Adrien se retrouve pris dans un piège ! Piège qui se referme sur une fin brutale résumée en une réplique glaçante lors de son interrogatoire : « Je suis Adrien Desiderio ». Une conclusion brute qui résonne comme une acceptation tragique de son destin. Enfin, l’ultime scène dissimulée après le générique de fin apporte la pièce manquante du puzzle avec le souvenir d’enfance d’Adrien révélé entièrement.