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La place de la musique dans les films

Le cinéma est un art visuel, mais c’est aussi par l’oreille qu’il nous touche directement. Il arrive qu’une chanson ne soit pas un simple fond sonore et qu’elle devienne un personnage à part entière et un amplificateur d’émotions. Qu’elle rassemble, qu’elle isole ou qu’elle serve de bouclier, la musique a le pouvoir de transformer un bon film en un moment inoubliable.

Voilà une sélection de 5 scènes musicales marquantes qui me restent en tête. Cinq moments gravés dans la pellicule où les notes de musique racontent ce que les mots ne suffisent plus à dire.

La force de la ferveur collective

Il s’agit de la scène finale du film « Pride ». Lors du défilé de la Gay Pride de Londres, les mineurs gallois débarquent par dizaine de bus pour mener le cortège aux côtés des activistes LGBT. Avec « There is power in a union », c’est le triomphe de la solidarité. Après tant de rejets et de luttes, cette scène finale est une explosion de joie militante. La musique ici n’est pas un simple fond sonore, elle donne le rythme de la marche, elle rassemble deux mondes que tout opposait et donne des frissons à coup sûr.

La thérapie et la solidarité famialiale

Dans le film « Le test », la fratrie se met à chanter et à danser sur le morceau électro-pop « Thunderclouds » de LSD pour remonter le moral de leur frère. Le frère et la sœur improvisent une chorégraphie libératrice. C’est à la fois drôle et profondément touchant.

Le cri de résistance et l’affirmation

Comme dans « Les crevettes pailletées », « La revanche des crevettes pailletées » a également sa belle scène musicale de fin de film. La reprise de David Bowie, « Heroes » est vraiment belle, émouvante et totalement adaptée au message qu’ont souhaité faire passer les réalisateurs. Cet hymne prend tout son sens : il connecte la liesse collective des Gays Games à la résistance clandestine du centre russe. La musique devient une arme pacifique pour braver la peur et s’affirmer tel que l’on est.

La bulle sensorielle et intime

Dans « Eté 85 » de François Ozon, c’est la scène en boîte de nuit qui m’avait touchée : Après « Movie Music », David pose ses écouteurs sur les oreilles d’Alex. Alex se retrouve instantanément isolé du bruit ambiant pour écouter le slow « Sailing » de Rod Stewart. Cette scène est un pur moment de romantisme absolu et de rupture sensorielle. Le monde autour s’efface ; la musique crée une bulle exclusive où plus rien d’autre n’existe que le lien naissant entre les deux garçons

L’ironie dramatique et la descente aux enfers

La scène apparait en cours de film sur les téléphones portable des élèves du collège et elle vient conclure le film juste après la scène finale où Julien craque complétement. Ici, la musique ne vient pas réparer ou consoler. Elle crée un contraste entre la modernité du morceau « Every single day » et la violence psychologique du personnage. Et j’avais trouvé ça original de terminer le film par une note positive avec cette scène de soirée privée (diffusée sur les réseaux) qui est quelque sorte le basculement du mauvais côté des galères de Julien.

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